Championnats d'Europe de natation à Paris : l'héritage invendu
L'Euro de natation à Paris a rempli ses tribunes, pas son plan marketing. L'attention autour de Léon Marchand existe : il reste à la chiffrer pour la vendre.

Les Championnats d'Europe de natation se sont tenus du 31 juillet au 16 août 2026 à Paris et Saint-Denis, au Centre aquatique olympique et dans la Seine. La France ne les avait plus accueillis depuis 1987. À quinze jours de l'ouverture, la Fédération française de natation annonçait 51 000 billets vendus sur 60 000 prévus et un budget de 17,1 millions d'euros presque tenu.
Sur un point, son directeur général Laurent Ciubini se montrait moins satisfait : « Sur le plan marketing nous tablions autour d'un certain héritage des Jeux de Paris, mais ce fut un peu décevant ». Le plan commercial a aussi été réduit par les secteurs réservés par European Aquatics, à qui la FFN verse 3,5 millions d'euros de droits.
Une billetterie qui se remplit, des droits qui se vendent mal
Les deux résultats ne se contredisent pas. Un billet se vend à un public déjà décidé, pour une soirée. Un droit marketing se vend à un partenaire qui doit justifier, devant son propre comité, ce que la relation avec ce public lui rapportera sur plusieurs années.
L'attention née de Paris 2024 est réelle. Léon Marchand, quadruple champion olympique à Paris, est devenu l'une des figures du sport français. Mais un partenaire n'achète pas une notoriété : il achète un public qu'on peut décrire, localiser et suivre dans le temps. Sans cette description, la fédération vend un souvenir, et un souvenir se négocie à la baisse.
Léon Marchand : une demande qui a changé de forme
Le thermomètre habituel de l'héritage, la licence, ne raconte pas toute l'histoire. Selon Clément Anne, chargé d'études à l'INJEP cité par RCF, la hausse du nombre de licenciés en natation depuis les Jeux est de l'ordre de 1 à 2 %. La fédération reste autour de 400 000 licenciés, pour plus de 13 millions de pratiquants occasionnels.
Ce chiffre ne mesure pas l'envie. « Ce qu'on comptabilise, ce sont les licences délivrées, pas les refus de licences », rappelle Clément Anne. Les lignes d'eau et les maîtres-nageurs manquent : la licence bute sur l'offre, pas sur la demande.
Les personnes qui cherchaient Léon Marchand pendant Paris 2024 n'ont pas disparu. Elles cherchent autrement : des horaires de courses, des billets, des replays, et pour une partie d'entre elles, un club ou des cours près de chez elles. Ces recherches se lisent sur trois axes.
- La courbe : comment la demande évolue avant, pendant et après l'événement, et si elle bascule vers des requêtes de pratique.
- Le contenu : ce que les gens cherchent vraiment, résultats, billetterie, replay ou inscription. Chaque intention renvoie à un partenaire différent.
- La géographie : où se trouvent ces nouveaux publics, et s'ils dépassent l'Île-de-France.
C'est l'écart déjà décrit entre la visibilité achetée et la demande mesurée : une audience ne dit pas ce que le public veut faire ensuite, comme le montrait la portée record du Mondial sur M6.
Vendre des droits avec une demande chiffrée
La FFN regarde déjà au-delà de l'Euro : le Centre aquatique olympique devrait accueillir une étape de Coupe du monde à l'automne 2027, puis les Championnats de France en 2028. Chacun de ces rendez-vous repose la même question commerciale.
Pour une fédération, la décision concrète est de construire son offre de partenariat sur la demande observée plutôt que sur la notoriété de ses champions : un volume de recherches suivi dans le temps, une part d'intentions de pratique, des territoires où ces publics se concentrent. Un équipementier, un énergéticien ou une collectivité peut alors acheter un droit sur un public qu'il voit, et la fédération peut en défendre le prix. La logique de fond est développée dans la page Pratique.
Sources
- Euro de natation 2026 (31 juillet - 16 août) : 51 000 billets vendus sur 60 000, budget de 17,1 M€, marketing « un peu décevant » selon Laurent Ciubini (FFN), 3,5 M€ de droits versés à European Aquatics, Sport Business Club, 2026
- Natation : licenciés en hausse de 1 à 2 % depuis les Jeux, environ 400 000 licenciés, « licences délivrées, pas les refus » (Clément Anne, INJEP), RCF, 2026
Questions fréquentes
- Quand ont eu lieu les Championnats d'Europe de natation à Paris ?
- Du 31 juillet au 16 août 2026, principalement au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, avec l'eau libre et le plongeon de haut vol dans la Seine. La France n'avait plus accueilli la compétition depuis 1987, à Strasbourg.
- Combien de billets ont été vendus pour l'Euro de natation 2026 ?
- À quinze jours de l'ouverture, la Fédération française de natation annonçait 51 000 billets vendus sur 60 000 prévus, selon son directeur général Laurent Ciubini. Le budget total de 17,1 millions d'euros était alors présenté comme presque tenu.
- Pourquoi la FFN est-elle déçue de ses droits marketing ?
- Son directeur général Laurent Ciubini indiquait que la fédération tablait sur un héritage des Jeux de Paris côté marketing et que ce fut « un peu décevant ». Le plan commercial a aussi été réduit par les secteurs réservés par European Aquatics, à qui la FFN verse 3,5 millions d'euros de droits.
- L'effet Léon Marchand a-t-il fait augmenter le nombre de licenciés en natation ?
- Peu, selon les licences : la hausse depuis les Jeux de Paris est de l'ordre de 1 à 2 % selon l'INJEP, pour environ 400 000 licenciés. Mais la licence ne compte pas les refus, et les clubs manquent de lignes d'eau et de maîtres-nageurs. La demande de pratique est donc plus forte que ce que le chiffre montre.
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